Région Poitou-Charentes - Espace environnement industriel : SITES & SOLS POLLUES


 
La société Socofer est implantée sur la commune de la Rochelle (17), dans la zone industrielle de Chef de Baie sur le Port de la Pallice.

La construction de l'usine remonte à 1916, avec une première autorisation accordée à l'Union Française, par arrêté préfectoral du 4 juin 1921, pour la fabrication d'acide nitrique, d'acide sulfurique, d'oléum et éventuellement de superphosphates.

Depuis, les activités de fabrication d'engrais se sont poursuivies sur ce site, l'exploitant devenant successivement Société Produits Chimiques Auby (1966), puis Cofaz (1970), Norsk Hydro Azote (1988) et enfin Socofer (1989).

Cette dernière société s'est vu demander par arrêté préfectoral du 17 avril 1998, à titre préventif, une étude de sols afin de vérifier la présence éventuelle de contaminations sur ce site, du fait notamment des différentes activités industrielles exercées depuis 1916.

Finalement, cette étude a été réalisée dans le cadre de l'arrêt des activités de production, conduisant à la fermeture du site en 2000 et à la nécessaire réhabilitation des 13 ha sur lesquels il s'étendait.

Cette cessation d'activité a notamment entraîné le démontage des installations et l'élimination des déchets résiduels. A titre d'exemple, on peut citer sur ce dernier point l'évacuation de 1.5 tonnes d'oxydes de vanadium, de 3 tonnes d'oxydes de fer, d'une tonne d'huiles usagées, de 6 transformateurs au PCB et de 10 tonnes de terres et d'hydrocarbures. De plus, 15 tonnes de produits d'enrobage et 8 tonnes de boues de phosphogypse ont été recyclées.

Une décharge interne remplie de matériaux divers a également été découverte, justifiant ainsi des opérations d'excavation, de tri et d'élimination. Plus de 86 tonnes de terres polluées ont en outre été envoyées vers un centre d'enfouissement technique de déchets dangereux, dûment autorisé.

Par ailleurs, en 2001, l'exploitant a produit une étude de sols correspondant à un diagnostic initial et à une évaluation simplifiée des risques, conformément à la méthodologie nationale définie par le ministère en charge de l'environnement. La cotation du site établie selon cette méthode a notamment permis de ranger le site en classe 2, c'est-à-dire nécessitant la mise en place d'une surveillance environnementale.

Mais, le diagnostic a également mis en évidence une contamination des sols en métaux (arsenic, cuivre, plomb et zinc notamment), provenant essentiellement de l'épandage sur le site de pyrites.
De plus, une pollution en trichloroéthylène (solvant chloré utilisé dans la zone de l'ancien "local poisson”) a été détectée dans les eaux souterraines. Enfin, une contamination en aldrine et dieldrine a été démontrée dans la zone d'épandage accidentel d'aldrin-xylène.

 

Par suite, l'inspection des installations classées a demandé à SOCOFER de définir un programme de réhabilitation de ce site.

Il a ainsi été engagé les mesures de remise en état suivantes.

568 tonnes de pyrites ont été excavées et stockées provisoirement à l'abri sur une dalle de béton à l'intérieur d'un bâtiment. Le volume ainsi extrait a été remblayé, au début de l'année 2003, par des matériaux inertes.

La zone contaminée à l'aldrine-dieldrine a ensuite fait l'objet d'un semi confinement sur site, après que les pyrites extraites susvisées aient été compactées sur cette même aire. L'ensemble des polluants ainsi regroupés ont en effet été isolés en surface, par la pose d'une géomembrane en polyéthylène. Cette dernière permet de réaliser une étanchéité supprimant le risque d'infiltration, susceptible de lixivier les contaminants et d'engendrer un transfert de la pollution.

 

Afin de pérenniser cette solution dans le temps, il a été aménagé une structure de type voirie lourde, permettant en outre, dans le cadre d'une future réutilisation du site, le passage de camions. Ces travaux ont été achevés en juin 2003.

Enfin, pour la contamination des eaux souterraines en trichloroéthylène, un dispositif de traitement in situ a été mis en œuvre depuis 2002. Il consiste à pomper la nappe au niveau du piézomètre ayant montré la plus forte concentration, puis à dépolluer les eaux ainsi extraites en les filtrant sur charbons actifs, avant de les réinjecter dans un autre ouvrage. Ce traitement démontre une certaine efficacité, même si la faible productivité de l'aquifère perturbe quelque peu son déroulement.

Par ailleurs, l'exploitant s'est engagé sur une surveillance régulière de la qualité des eaux souterraines, par l'intermédiaire de prélèvements semestriels (en périodes de hautes et basses eaux) dans 5 piézomètres implantés sur le site de l'ancienne usine et dans 5 ouvrages complémentaires à l'extérieur.
Les paramètres suivis sont notamment les métaux, les solvants chlorés (dont le trichloroéthylène), l'aldrine, la dieldrine et l'endrine.

Les différents travaux réalisés ont fait l'objet de deux visites de récolement par l'inspection en juin et juillet 2003.

Il reste aujourd'hui, dans le souci de conservation de la mémoire, à formaliser les restrictions d'usage nécessaires pour maintenir à terme la cohérence entre la réhabilitation de ce site et la vocation industrielle des terrains.

 
Vue en coupe du semi-confinement sur la zone contaminée à l'aldrine
 
Coût de la réhabilitation : 400 euros