Région Poitou-Charentes - Espace environnement industriel : EAU


 

Le Technicentre de Saintes est un établissement de la SNCF dédié à la maintenance de matériel ferroviaire et notamment des voitures de transport de voyageurs. Ce site créé dès 1877 s'est développé avec l'implantation du rail dans l'Ouest de la France et a employé jusqu'à 1250 personnes dans les années 60. Employant encore plus de 420 salariés, cet établissement implanté sur un site de plus de 14 hectares à côté de la gare de Saintes a vu ses activités fortement évoluer en fonction du matériel circulant sur le réseau ferré français, avec comme dernier changement significatif la prise en charge de la maintenance des TER de la région Poitou-Charentes.

Dans ce cadre, la SNCF a dû constituer un nouveau dossier de demande d'autorisation d'exploiter qui a été soumis à enquête publique et aux diverses consultations administratives. En particulier, l'étude d'impact des activités de l'établissement a permis de lister et de caractériser les rejets d'effluents industriels et domestiques. Il est en fait apparu que le site disposait d'un grand nombre de points de rejet liés par exemple aux différentes opérations de lavage effectuées sur les voitures et que les réseaux d'assainissement existants étaient en mauvais état et difficilement repérables à l'intérieur d'un site si vaste. Ces effluents susceptibles de contenir des polluants étaient, dans leur très grande majorité, envoyés directement dans la Charente sans prétraitement préalable. Conscients qu'une telle situation n'était plus tolérable et qu'il n'obtiendrait pas une autorisation pour la poursuite des activités dans de telles conditions, les dirigeants de la SNCF ont décidé de lancer un vaste programme de modernisation de leurs réseaux d'assainissement qui devrait s'achever le 1er juillet 2010. Cette opération nécessitant d'importantes études d'ingénierie est évaluée à un coût avoisinant les 5 millions d'euros, sachant que l'exploitant a déjà commencé à réduire sensiblement son nombre de points de rejet en centralisant ses opérations de lavage de pièces. Dans l'attente de la mise en œuvre de cette solution pérenne qui devrait conduire à la création d'une station de traitement interne avant rejet des effluents industriels dans le réseau d'assainissement communal, la SNCF a installé depuis le 1er juillet 2008 plusieurs dispositifs de récupération de ses eaux potentiellement polluées qui sont ensuite éliminées par les filières de traitement autorisées. Cette solution transitoire imposée par l'inspection des installations classées a permis de supprimer d'ores et déjà tout rejet direct des effluents industriels dans le milieu naturel avec un investissement de 208 kEuros et des charges annuelles liées à l'élimination des déchets dangereux estimées
à 350 kEuros.