Région Poitou-Charentes - Espace environnement industriel : TRAITEMENT DES DECHETS


 

La mise en décharge apparaît comme l'un des plus simples et plus anciens moyens d'élimination des déchets. Beaucoup d'entre-nous gardons en mémoire, dans nos différentes communes, l'ancienne décharge municipale qui accueillait, dans des conditions techniques rudimentaires, des déchets de nature souvent variée. Certes, ces sites pouvaient souvent faire figure d'endroits sacrifiés, mais ils trouvaient alors leur légitimité, et in fine leur acceptation collective, dans la nécessité incontestable de devoir "faire quelque chose" de ces biens, devenus sans utilité et donc destinés à l'abandon, que l'on appelle "déchets".

Dans ce contexte, la loi du 13 juillet 1992 a dressé le chemin vers une nouvelle politique nationale en fixant les grands principes et les objectifs à atteindre dans le domaine de la gestion des déchets. Il a ainsi été reconnu les priorités d'une part de limiter et maîtriser à la source leur production et d'autre part de privilégier, dans toute la mesure du possible, leur réutilisation, leur recyclage ou encore leur valorisation.
Même s'il a alors été décidé de limiter la mise en décharge aux seuls déchets ultimes (c'est-à-dire qui ne sont plus susceptibles d'être traités dans les conditions techniques et économiques du moment), il n'en demeure pas moins que cette solution d'élimination reste un maillon essentiel de la gestion des déchets en France, et a fortiori dans la région Poitou-Charentes, où l'on dénombre 14 installations autorisées.

Par conséquent, il convient de résoudre une équation, qui d'un côté, suppose une production de déchets ménagers qui a doublé en 30 ans et, d'un autre côté, doit répondre à une sensibilité accrue de
l'opinion publique au regard de la problématique de la protection de l'environnement et à des installations non adaptées qui étaient arrivées à saturation. Les solutions envisagées ont donc reposé non seulement sur le besoin de réhabiliter les anciens sites et de diversifier les modes de traitement (avec par exemple l'éclosion du tri des matériaux recyclables), mais aussi sur la mise en place d'un dispositif réglementaire nouveau, beaucoup plus exigeant.

Ce dernier s'est traduit par l'arrêté ministériel du 9 septembre 1997 relatif aux installations de stockage de déchets ménagers et assimilés. Ces nouvelles normes techniques qui sont désormais appliquées sur les installations en fonctionnement ont pour ambition de maîtriser toutes les pollutions.

 

Aménagement d'un site de stockage de déchets non dangereux :
 
L’implantation d’une installation repose sur trois grands principes :
  • Isolement de la zone d’exploitation constituée par une bande périphérique de 200 m matérialisée par une maîtrise foncière de l’exploitant ou des restrictions d’usages auprès des propriétaires des terrains.
  • Contexte géologique et hydrogéologique compatible avec l’activité de stockage : stabilité des sols, imperméabilité du substratum faisant obstacle à toute éventuelle fuite de la décharge pour constituer une barrière de sécurité passive.
  • Réalisation d’une barrière de sécurité active : consolidation de l’étanchéité par la mise en place d’une géomembrane artificielle et d’une collecte adaptée des lixiviats produits au sein du massif de déchets.
 

Conditions d'exploitation :
 
Les principales règles d’exploitation sont les suivantes :
  • L’exploitation du CET se fait par casiers, subdivisions du stockage, hydrauliquement indépendants et séparés les uns des autres par des digues. Leur surface n’excède pas 5 000 m2 pour limiter leur exposition aux eaux de pluie et assurer une bonne stabilité de l’ouvrage.
  • Un seul casier, par catégorie de déchets, doit être exploité à la fois et son réaménagement est engagé quand la mise en service du suivant est décidée. Les déchets sont disposés par couches successives et compactés régulièrement, de manière à parfaire la stabilité du massif. Périodiquement, une couverture provisoire est disposée sur les déchets, afin de limiter les envols et réduire les émissions d'odeurs.
  • La nature des déchets accepté est limitée. Sont notamment exclus les déchets dangereux, liquides, méconnus, explosibles, corrosifs, comburants, inflammables ou contenant des PCB (Polychlorobiphényles). Des contrôles à l’entrée du site doivent être prévus et la traçabilité des en-trées enregistrées.

Des fossés périphériques empêchent les eaux pluviales extérieures au site d'entrer sur l'emprise de l'installation. D'autres dis-positifs gè-rent les eaux de ruissellement intérieures.

Les lixiviats, récupérés par le dispositif de drainage en fond de casier, sont dirigés vers des installations de traitement telles que l’ultrafiltration ou l’incinération.

Le biogaz, produit par la fermentation anaérobie de la matière organique, composé principalement de dioxyde de carbone et de méthane, est récupéré par un réseau de drainage puis dirigé, via des puits de captage, vers des installations de valorisation énergétique ou de destruction par combustion.

Des contrôles de la qualité des effluents, tant liquides qu'atmosphériques, sont diligentés pour vérifier le bon respect des normes de rejet. Des analyses sur les eaux souterraines sont également réalisées, afin de s'assurer régulièrement que le stockage n'entraîne pas d’impacts sur le milieu naturel.

Enfin, une couverture définitive est mise en place progressivement sur l'ensemble des casiers terminés pour notamment maîtriser les infiltrations d'eau dans les déchets.

En fin d'exploitation, le site doit être intégré dans l’environnement. Les effluents et les éventuelles nuisances continueront d'être traités et surveillés durant une période d’au moins 30 ans.

La conservation de la mémoire du site sera garantie par la formalisation de servitudes d'utilité publique, qui veilleront à maintenir à terme l'interdiction de tout usage incompatible avec la présence de déchets.


Coupe transversales d'un CET