Région Poitou-Charentes - Espace environnement industriel : AIR


 
La société Leroy Somer dispose de plusieurs sites implantés principalement en Charente et spécialisés dans la fabrication de systèmes d'entraînement. La fonderie, située dans la zone industrielle de Rabion à Angoulême, a pour activité principale la production de pièces mécaniques en fonte par des procédés de moulage en sable à vert. La zone industrielle, composée de nombreux établissements commerciaux se trouve en limite de la zone urbanisée et à une distance de 600 mètres du centre hospitalier de l'agglomération.

Cette fonderie emploie 200 personnes et produit 75 tonnes de pièces par jour.

   
 
Suite à des plaintes de riverains constatant des phénomènes de piqûres sur les carrosseries de leur voiture, Leroy Somer invoquait le respect des valeurs limites de rejets canalisés et contestait sa seule responsabilité sur les dépôts de poussières dans la zone. L'inspection a alors demandé à l'association régionale de surveillance de la qualité de l'air (ATMO Poitou-Charentes) de procéder à une campagne de mesure de la pollution atmosphérique dans la Z.I. de Rabion. Les conclusions de cette campagne ont permis de mieux appréhender le rôle joué par la fonderie dans la pollution du secteur.

Sur la base de ce constat, l'exploitant a convenu de la nécessité de disposer d'informations plus fines sur les sources d'émissions de l'usine et leurs conséquences éventuelles (notamment sanitaires). Sur proposition de l'inspection, le préfet de la Charente a prescrit à la fonderie Leroy Somer, par arrêté du 11 janvier 2002, la réalisation d'une étude sur les rejets atmosphériques en provenance de l'usine. Cette étude, menée durant l'année 2002 par le bureau ACI Environnement a permis de localiser et de caractériser les différents rejets de l'usine (diffus et canalisés) en poussières et en composés organiques volatils, de modéliser leur dispersion dans l'atmosphère et enfin de proposer des mesures correctives pour diminuer leurs impacts dans l'environnement proche. Par ailleurs, l'arrêté préfectoral susvisé demandait également que l'exploitant réalise une étude du risque sanitaire des rejets de la fonderie sur les riverains. Cette seconde étude a été réalisée en 2002 par I'INERIS. Elle conclut sur le fait que les émissions directes de la fonderie Leroy Somer ne présentent pas de risque pour la santé des populations voisines.

Toutefois, afin de limiter l'impact des émissions de poussières, et à la demande de la DRIRE, l'exploitant a proposé un plan d'actions ayant notamment pour objectif de réduire d'environ 90 % les émissions de poussières diffuses de l'usine (qui représentent environ les 2/3 des émissions de poussières émises par la fonderie) en améliorant la filtration, la captation, et les réseaux d'aspiration des postes de travail du grenaillage, de l'ébarbage, des deux sableries, du décochage et des fours de fusion de la fonderie. Ces dispositions devaient également permettre de limiter les problèmes de piqûres de carrosseries des véhicules proches de l'usine, puisque leur origine semble provenir, d'après un rapport établi par le bureau ACI Environnement en octobre 2002, des postes d'ébarbage et de grenaillage.

Le plan d'action proposé par Leroy Somer, justifié techniquement et économiquement à l'administration, a été validé par l'arrêté préfectoral complémentaire du 19 novembre 2003. Il s'étale sur 3 ans (2004-2006) en traitant en priorité les émissions les plus problématiques (ébarbage et grenaillage) pour les riverains. Il impose le recours aux meilleures technologies disponibles.

Le planning des travaux de réduction des émissions de poussières est aujourd'hui en phase d'achèvement. Au cours de l'année 2005, les principaux travaux ont concerné l'atelier de moulage avec la modernisation du réseau d'aspiration du poste de décochage (gaine d'aspiration, hottes de captation, filtre à manches horizontales d'une capacité de 80 000 m3/h sur le rejet canalisé). Le coût des travaux s'élève à 250 000 €.

Concernant l'équipement des fours de fusion, des difficultés techniques sont apparues dans l'équipement des bennes d'alimentation des fours en dispositifs d'aspiration. Le coût estimé pour le traitement des rejets des 3 fours de plus grande capacité (sur les 8 que compte la fonderie) dépassera vraisemblablement les 500 000 euros.

La validation technique de la solution retenue et du budget correspondant doit intervenir en 2006.

Les efforts importants (> 1 MA) consacrés à la maîtrise des émissions atmosphériques de la fonderie, ont permis à Leroy Somer de réduire de manière importante les rejets diffus de poussières. Les flux de poussières canalisés restent néanmoins notables de par les débits d'extraction nécessaires au process. La finalisation du plan d'action triennal doit permettre de limiter encore les impacts (sur les carrosseries de véhicules par exemple). A l'issue des derniers travaux programmés, l'efficacité des améliorations apportées fera l'objet d'une nouvelle évaluation environnementale.