Région Poitou-Charentes - Espace environnement industriel : AIR


 

Présentation de l'entreprise

 
Le site Interfertil (anciennement Secma) à Tonnay-Charente (17) est une usine de fabrication d'engrais solides de type superphosphates commercialisés sous forme de granulés, et expédiés majoritairement en vrac (80% de la production) en bigs-bags (20 % de la production) et exceptionnellement sous forme de sacs : 120 000 tonnes par an de poudre de superphosphate en partie utilisées dans la fabrication de 150 à 200 000 tonnes de granulés d'engrais. Ce site emploie environ 60 salariés avec un volant d'une dizaine d'intérimaires.

A l'origine, ce site avait été créé au cours de la première guerre mondiale en 1915, pour y implanter loin des lignes de front, une usine de raffinage du zinc. En 1928, sont venus s'ajouter le grillage de la blende et la transformation du soufre produisant de l'acide sulfurique. Afin de valoriser ce dernier produit, il a été installé une unité de fabrication de superphosphates, procédé qui permet à partir de l'attaque acide de phosphates tricalciques d'obtenir des engrais (phosphates monocalciques) solubles dans l'eau et assimilables par les plantes.

Les fabrications d'acide phosphorique et de tuyaux de plomb sont également des activités qui ont été pratiquées sur le terrain détenu par cette société, mais qui ont été abandonnées dans les années 1970, période à partir de laquelle le site s'est exclusivement spécialisé dans la fabrication d'engrais à base de phosphates.

 

Etude de la pollution des sols

Les activités anciennes ont été sources d'une pollution des sols principalement due aux activités de métallurgie et de production d'acide sulfurique (1916-1975). Ces souillures du sous-sol ont fait l'objet d'un diagnostic et d'une étude simplifiée des risques par un consultant extérieur, qui a établi en juin 2000 qu'elles étaient essentiellement composées de métaux lourds, et dans une moindre mesure, d'hydrocarbures aliphatiques, d'ammonium et de sulfates.

Quinze zones du site ont été considérées comme potentiellement polluées, avec des teneurs en substances supérieures aux valeurs de constat d'impact (VCI) définies par le guide "gestion des sites (potentiellement) pollués" du ministère de l'environnement. Sur ces quinze zones, deux sont apparues comme devant faire l'objet d'investigations approfondies et d'une évaluation détaillée des risques.

Ces investigations ont finalement entraîné les opérations suivantes : l'une des deux zones présentant de fortes teneurs en zinc a été imperméabilisée pour éviter les transferts éventuels de pollution dans le milieu et l'autre zone a été excavée avec élimination dans un centre agréé des terres souillées par le fioul.

Une surveillance régulière des eaux souterraines a été prescrite. Elle révèle essentiellement une contamination limitée au zinc, mais n'ayant pas d'impact a priori sur la nappe profonde.

 

Incident du 6 mai 2007 : émissions atmosphériques de fumées acides
 
Les incidences sur l'environnement du dysfonctionnement des équipements de traitement des fumées sont apparues à partir du 10 mai à travers les premières plaintes de riverains de l'usine faisant état dans leurs jardins de taches brunes sur les feuilles des végétaux et le flétrissement de certaines espèces. Les désordres très visibles se caractérisaient par un brunissement de certains végétaux sur une bande d'environ 300 mètres de large sur 800 mètres de long et présentant une atténuation en s'éloignant de l'usine Interfertil. L'exploitant a aussitôt arrêté ses installations afin de déterminer les causes de cet incident et analyser les dispositifs de sécurité complémentaires à mettre en œuvre pour éviter qu'un événement analogue puisse survenir. Un arrêté préfectoral proposé par la DRIRE a été signé par le préfet en vue d'imposer à l'exploitant ces nouveaux dispositifs de sécurité et renforcer les prescriptions relatives aux rejets atmosphériques de l'entreprise. En parallèle, de nombreuses investigations ont été diligentées afin d'évaluer les conséquences de cet incident mais aussi mieux connaître les effets induits par le fonctionnement de l'usine. Les résultats des mesures demandées par la DRIRE ont permis de déterminer que le fonctionnement normal des installations n'induisait pas de risque sanitaire pour les populations riveraines et que les légumes cultivés dans les terrains voisins étaient consommables.
 

Sévérisation des prescriptions réglementaires
 
Au vu de l'arrêté d'autorisation du site datant de 1963, des évolutions réglementaires survenues depuis cette date, et des changements intervenus sur le site, il a été imposé à l'exploitant la remise d'un nouveau dossier de demande d'autorisation d'exploiter. Ce dossier a fait l'objet d'une enquête publique dès le mois de février 2008. Cette procédure a notamment été l'occasion de comparer les dispositifs de traitement mis en place sur le site de Tonnay-Charente par rapport aux meilleures techniques disponibles existantes.